Le Rap Made in Québec: en quête de visibilité

21 août 2023 par
Dany Tétreault/Fondateur


D'après les données présentées ci-dessous dans le tableau de la figure 10 de Nielson Music / MRC Data, la répartition des ventes d'albums d'interprètes francophones connaît une baisse considérable au Québec. Cette tendance inquiétante signifie que l'industrie musicale québécoise devra nécessairement s'adapter pour survivre. À ce rythme, la musique francophone représentera moins de 15 % des ventes d'albums d'interprètes québécois dans les 15 prochaines années. Ce constat souligne l'urgence d'innover et de repenser les stratégies de promotion et de diffusion de la musique francophone au Québec.


Il est indéniable que l'industrie du hip-hop a connu une évolution spectaculaire au fil des ans, jusqu'à devenir un acteur majeur du marché musical depuis 2015 et le Québec n’y a pas échappé. Cette évolution remarquable de la culture hip-hop au Québec est indiscutable et doit être prise au sérieux.

 

LA POPULARITÉ DU HIP-HOP AU CANADA : UN CONSTAT NATIONAL

Le hip-hop a conquis le cœur des Canadiens à travers le pays, de Vancouver à Halifax. Il a réussi à transcender les barrières linguistiques et culturelles, rassemblant diverses communautés autour de rythmes entraînants et de paroles percutantes. Cette popularité est en partie attribuable à la capacité du hip-hop à refléter les réalités de la jeunesse et à aborder des thèmes sociaux et politiques actuels.

Cependant, la situation est tout à fait différente au Québec. Bien que le hip-hop ait gagné en popularité, il n'a pas atteint les mêmes sommets qu'ailleurs au Canada. Cette disparité peut être attribuée à une série de facteurs complexes et interconnectés, notamment la langue, la culture et l'influence de l'industrie musicale locale.

 

L'INDÉTRONABLE HIP-HOP DANS LE MONDE

Cette transformation majeure est étayée par des données provenant de sources fiables, notamment Forbes, dont le suivi attentif de cette montée en puissance du hip-hop dans l'industrie musicale en témoigne. (Source : Forbes -- lien vers Forbes)

 

UN RETOUR EN 2004

Pour contextualiser cette évolution, Statistique Québec révèle que la population du Québec en 2004 s'élevait à 7 535 590 habitants, une donnée accessible via ce lien de référence Statistique Québec. À cette époque, près de 31,3% de la population âgée de 15 à 44 ans était adepte du hip-hop, une statistique qui prend aujourd'hui une signification particulière. En effet, les parents d'aujourd'hui sont issus de la population âgée de 15 à 24 ans de 2004. Cette constatation souligne le caractère générationnel du hip-hop, une musique qui se transmet de génération en génération, comme un précieux héritage culturel.

 

Selon les données du tableau précédent, en 2004, 19% des élèves, du primaire au collégial, étaient fervents auditeurs de hip-hop. En analysant les statistiques actuelles de Spotify, il est désormais évident que le hip-hop règne en maître en tant que genre musical le plus écouté au niveau mondial. Toutefois, une observation essentielle émerge des données : le hip-hop était particulièrement populaire parmi les élèves du secondaire et du collège en 2004. Cette observation revêt une importance capitale, soulignant le fait que la génération des années 80, vingt ans plus tard en 2004, a influencé les préférences musicales de leurs propres enfants, comme le montre le tableau précédent.

 

LE PORTRAIT DE MONTRÉAL

La démographie de Montréal présente un environnement favorable à la culture hip-hop, avec une population de plus de 1 162 195 individus âgés de 0 à 44 ans. Cela signifie, en utilisant une méthodologie de calcul croisé, qu'une proportion significative, soit près de 58% de la population, est directement exposée à la culture hip-hop. Cette constatation s'aligne harmonieusement avec les tendances énoncées pour l'année 2004 et les statistiques actuelles du hip-hop, où ce genre musical occupe fièrement la première place des classements aux États-Unis, en France et au Canada, en tant que style musical le plus écouté.

En utilisant la méthode du calcul croisé, cela signifie qu'en moyenne, environ 58 % de la population est indirectement et (ou) directement impliquée dans l'écoute et l'environnement de la culture du hip-hop. Cette conclusion découle de la convergence des tendances observées en 2004 et des statistiques actuelles du hip-hop, qui confirment son statut de genre musical dominant, classé en tête des classements aux États-Unis, en France et au Canada.

De plus, dans la province de Québec, qui compte près de 4 millions d'habitants âgés de 0 à 45 ans en date du 1er juillet 2022, cette influence significative du hip-hop est particulièrement prononcée.

En 2022, la population du Québec se décompose comme suit : 1 791 646 jeunes âgés de 0 à 19 ans, 1 616 324 individus âgés de 20 à 34 ans, et 1 712 345 personnes dans la tranche d'âge de 35 à 49 ans. Dans l'ensemble, ces groupes représentent 5 120 315 individus, ce qui équivaut à un impressionnant 58 % de la population totale du Québec en 2022.

Concernant la transition vers le numérique, la ville de Montréal observe une tendance constante. En 2017, selon un rapport officiel, 90 % de la population effectuait des achats en ligne chaque mois. En 2022, bien que les données officielles ne soient pas encore disponibles, il est indiscutable que cette proportion a continué de croître, soulignant l'importance grandissante du commerce en ligne au sein de la population montréalaise.




LE HIP-HOP ET LE RNB, SONT LES MUSIQUES LES PLUS ÉCOUTÉES AU MONDE

Spotify met en évidence une augmentation significative de l'écoute du hip-hop, avec une hausse de 74 % en 2017 par rapport à l'année précédente, à l'échelle mondiale. Cette observation se recoupe parfaitement avec les conclusions de l'étude menée par la Ville de Montréal sur la période 2012-2016, qui confirme cette tendance dominante sur le marché mondial.

En 2017, le rapport Nielsen souligne que sur ce marché en pleine expansion, le R&B et le hip-hop se sont avérés être presque aussi populaires sur les plateformes telles que Spotify que les deux autres genres musicaux réunis, à savoir le rock et la pop. Cette donnée témoigne de la prédominance indiscutable du hip-hop et du R&B dans le paysage musical contemporain. (Source : Forbes –Lien vers Nielson)


LE QUÉBEC : PRISONNIER DE SA PROVINCE CULTURELLE ?

Le Québec est reconnu pour sa fierté culturelle et sa préservation de la langue française. Cela a parfois créé des barrières pour les genres musicaux, comme le hip-hop, qui peuvent être majoritairement anglophones. Les exigences de maintien de la culture et de la langue peuvent avoir limité l'accessibilité du hip-hop au public québécois.


L’industrie de la culture hip-hop est en constante évolution depuis les années 2000, elle est devenue en 2015 le style musical le plus écouté parmi les jeunes âgées de 10 à 50 ans.

Au Québec 49 % de la population est âgée de moins de 29 ans, en complément 46.6% de la population est âgée de 30 à 64 ans, ce qui signifie qu’objectivement toute proportion gardée, il y a plus de 60% de la population totale du Québec qui écoute du hip-hop.

Ce qui signifie que la culture du hip-hop est générationnelle, des générations entières qui alimentent et qui vont continuer d’alimenter le marché commercial à tous les niveaux.

 

L'idée d'un renouveau et d'une véritable connexion entre la culture hip-hop et l'industrie établie suscite des inquiétudes au sein même de cette industrie. Il est temps que cette dernière cesse de s'appuyer sur les mêmes personnes, les mêmes préjugés, les mêmes problèmes financiers, et les mêmes façades qui sont souvent insurmontables pour de nombreux artistes québécois.

L'émission "La fin des faibles" illustre parfaitement ce renouveau, ce retour en force tant attendu. Les données de l'Institut de la statistique du Québec confirment que le hip-hop francophone au Québec peine à trouver sa place dans le paysage du streaming musical. Voici quelques statistiques éloquentes à cet égard : parmi les genres musicaux francophones les plus écoutés au Québec, le hip-hop occupe la deuxième place, avec en tête la chanson "Co-Pilot" de Fouki, qui est également la première chanson d'origine francophone, témoignant ainsi de l'importance du hip-hop dans la scène musicale locale.



Au Québec, le hip-hop se positionne modestement à la 72e place, avec la présence de Fouki, puis à la 383e place, toujours avec Fouki en tête, suivi par Koriass, qui occupe la 522e place. Ce qui souligne à quel point la culture hip-hop a besoin d'une visibilité constante dans un marché en perpétuelle évolution.

Il est impératif de débloquer des fonds pour soutenir la culture locale et de veiller à ce que les artistes ne soient pas laissés à eux-mêmes. Le hip-hop est une force créative et culturelle importante qui mérite d'être encouragée et mise en avant.


 

DE NOUVELLES ORGANISMES S'INSTALLENT

En 2023, bien que les statistiques officielles ne soient pas encore compilées, il est manifeste que le hip-hop transcende le simple statut de genre musical pour devenir une culture multigénérationnelle. Au sommet des classements, le hip-hop trône en tant que l'un des genres musicaux les plus écoutés au monde sur les plateformes de musique numériques, avec des variations selon les pays de référence.

L'Institut du Hip-Hop s'engage pleinement à concrétiser l'idée d'une émission de radio d'une durée de 30 à 60 minutes, diffusée chaque semaine sur les ondes de 96.9 CKOI FM ET AUTRES, si l'opportunité se présente. Cette initiative est parfaitement alignée avec l'une des missions fondamentales de l'Institut, qui est de promouvoir et de diffuser la culture hip-hop à l'échelle mondiale.

Les recherches menées par l'Institut mettent en évidence une réalité significative : bien que le hip-hop soit une force dominante dans la musique au Québec, il accuse un certain retard, comme le démontre clairement cette étude. C'est pourquoi l'Institut du Hip-Hop s'efforce de combler ce fossé et de faire progresser la reconnaissance et l'appréciation du hip-hop au Québec et au-delà.

Ensemble, nous pouvons créer un environnement vibrant et inclusif où les artistes locaux ont la possibilité de briller et où les amateurs de hip-hop peuvent s'immerger dans cette culture fascinante. Rejoignez-nous pour soutenir des émissions de radio dédiées au hip-hop, participer à des festivals dynamiques, et encourager les jeunes talents en prenant part à nos programmes de mentorat. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que le hip-hop continue d'être un moteur culturel au Québec et au-delà. Ne manquez pas cette opportunité de faire partie de cette aventure musicale captivante ! .

La présente étude a été mené pour L’institut du Hip-Hop

 


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Dany Tétreault/Fondateur 21 août 2023
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